Dre Nadia Gagnier
Psychologue

Diplômée de l’Université Concordia et de l’UQAM, elle possède un doctorat en psychologie, spécialisé en recherche-intervention de la psychologie de l’éducation.

Les impacts du style parental sur le développement de l’enfant.

L’une des grandes psychologues clinicienne qui a le plus marqué le domaine de la psychologie de la parentalité est Dre Diana Baumrind. Elle a développé une théorie selon laquelle les attitudes parentales se divisent en quatre catégories ou styles. Ce qui détermine dans quelle catégorie se situent les différentes attitudes parentales dépend de deux grands facteurs :

  • Le niveau de chaleur, d’attention et d’affection offert à l’enfant
  • Le niveau d’encadrement offert à l’enfant (ou d’exigences envers lui)

Le style « démocratique » : ce sont les parents qui offrent à la fois un niveau élevé de chaleur et d’affection à leur enfant, en même temps qu’un encadrement clair, constant et cohérent. Ces parents recherchent l’équilibre entre ces deux facteurs.

Le style « autoritaire » : ce sont les parents qui offrent beaucoup d’encadrement et qui exigent beaucoup de leur enfant, mais qui oublient de lui offrir également chaleur et affection.

Le style « permissif » : ce sont les parents qui offrent beaucoup de chaleur et d’affection à leur enfant, mais qui n’osent pas les encadrer et leur fixer des limites.

Le style « désengagé » : ce sont les parents qui n’offrent ni l’un ni l’autre des deux facteurs à leur enfant.

Dans le milieu des Centres jeunesses ou de la DPJ, lorsque l’on parle d’enfants qui on souffert de négligence parentale, on peut facilement faire le lien avec le style parental « désengagé » proposé par Dre Baumrind.

Il existe toutes sortes de facteurs pouvant amener un parent à avoir ce style parental :

  • Carrière trop prenante
  • Carence affective (eux-mêmes n’ont pas reçu assez d’affection et d’encadrement dans leur propre enfance, et ne peuvent donc offrir ce qu’ils n’ont pas reçu).
  • Problèmes de santé mentale
  • Alcoolisme ou toxicomanie
  • Déficience intellectuelle
  • Autres…

Des études démontrent que la négligence parentale peut avoir de nombreux impacts négatifs sur le développement d’un enfant. Outre les problèmes de santé  et les traumas physiques pouvant survenir dû au manque de soins et de supervision de l’enfant, ce dernier pourrait éventuellement manifester plusieurs séquelles sociales et psychologiques de cette négligence, notamment :

  • Trouble de l’attachement
  • Faible estime de soi
  • Retard de développement (motricité, langage)
  • Retard et décrochage scolaire
  • Troubles de comportements (opposition, délinquance)

Lorsque la sécurité et le développement d’un enfant est compromis par la négligence de ses parents, il arrive qu’une personne de l’entourage de l’enfant (ex. : voisin, membre de la famille élargie, enseignant, médecin) signale sa situation à un centre jeunesse, que les gens connaissent mieux sous le terme « DPJ » (direction de la protection de la jeunesse). La situation de l’enfant est alors évaluée minutieusement, et si l’on constate qu’effectivement, le développement de l’enfant est compromis, une intervention sera apportée. Il peut s’agir d’intervenir directement auprès des parents, lorsqu’ils en manifestent la volonté, afin d’améliorer leurs capacités parentales. Lorsque les parents ne peuvent ou ne veulent pas collaborer à une telle intervention, il arrive que l’on retire l’enfant de son milieu familial pour le placer dans un autre milieu, soient une famille d’accueil ou un centre de réadaptation.

Plusieurs interventions seront alors apportées afin de traiter les différentes séquelles qui auront été identifiées chez l’enfant. Les services offerts par les Centres jeunesse aident ainsi de nombreux jeunes qui ont eu un mauvais départ dans la vie.

Parfois, les ressources du Centre jeunesse sont insuffisantes pour combler certaines carences d’un jeune ou pour lui permettre d’atteindre certains objectifs à la hauteur de son potentiel. Par exemple, certains jeunes manifestent un intérêt marqué pour une activité sportive ou artistique qui leur permettrait d’améliorer leur estime de soi et d’avoir un sentiment d’accomplissement, mais les centres jeunesse n’ont pas de budget prévu pour ce genre d’activité. D’autres jeunes souhaitent faire des études supérieures impliquant des frais de scolarité et l’achat d’un ordinateur, mais la Loi protection de la jeunesse cesse d’être appliquée au moment ou un jeune atteint l’âge de 18 ans. C’est à ce moment que la Fondation du Centre jeunesse entre en action.

Je vous invite donc à prendre connaissance de nos différents programmes visant à mettre un baume sur la vie de ces jeunes qui en ont bien besoin. Vous constaterez que ces besoins sont souvent simples (ex. : sac d’école bien garni, cadeau d’anniversaire, cours de karaté, traitement orthodontique), mais essentiels à leur sentiment d’avoir une valeur en tant qu’être humain !

Dre Nadia Gagnier
Psychologue